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Le bloc contre un DICTATEUR

Mais où va notre école ?

Mais où va notre école ?
A quarante ans d’écart, on enseigne les mêmes manières et les mêmes contenus ! 
« Les traits d'une éducation forte se reconnaissent à tout âge chez ceux qui en ont reçu le bienfait.»
Rodolphe Töpffer ; La bibliothèque de mon oncle (1832)
Tous les indicateurs sont au rouge : les niveaux de nos élèves sont très faibles. Difficile de proposer des solutions tant que le diagnostic reste non réalisé. Que faire ? Tout est à faire ou à refaire !

S’il est vrai que pour les familles à Djibouti-ville, comme ailleurs, le reste des villes et des villages du pays, l’enseignement de leurs enfants reste très important et prioritaire, il n’en demeure pas moins que les résultats de nos élèves sont de moins en moins acceptables et frôlent parfois même la catastrophe. Les chiffres sont eux, très alarmants depuis le primaire jusqu’au lycée. Seulement, entre cinq et dix élèves par classe ont le niveau de la classe fréquentée. Il ne s’agit pas d’humeur pessimiste ou défaitiste mais les chiffres sont là pour parler. La grande majorité des élèves ne comprend rien des explications des enseignants. Cette année, (2017/2018) par exemple le niveau des élèves admis en classe de seconde est l’un des plus bas depuis vingt ans. Il se situe très en-dessous de celui d’’il y a quelques années. Ces nouveaux lycéens ont parlé en somali : « M. nous, on ne comprend pas ce que tu dis, écris tout au tableau et explique-le en somali »
Une école très archaïque
Rien à l’école Djiboutienne n’attire les jeunes enfants ni les moins jeunes : programmes, méthodes, outils pédagogiques, examens, comportements vis à vis des élèves, débouchés… ! L’école djiboutienne est répugnante. Elle est archaïque, anachronique et très dépassée par ces temps estime-t-on un peu partout ! Le chômage des diplômés dont Djibouti brille, l’écart entre la réalité et les enseignements de nos institutions déconcerte les plus audacieux. Le désengagement de l’État, les mensonges habituels des ministres de l’éducation et la politique de l’autruche des parents font de l’école djiboutienne une corvée et une prison pour les élèves qui la boudent de plus en plus. La démotivation est grande ! « L'éducation est à l'âme ce que la propreté est au corps. » Louis-Philippe de Ségur ; L'éducation (1816)

Investissements énormes
Pour les modestes familles Djiboutiennes, les investissements consentis pour l’enseignement de leurs enfants représentent des sacrifices. Et ces parents s’investissent de plus en plus en vain ; « même les écoles privées ont déçu nos espoirs, leurs prometteurs ne cherchent qu’à se remplir les poches et les ventres. Ils proposent peu d’enseignement de qualité ces derniers temps.», remarquait un parent d’élève. De plus en plus de parents ont recours aux cours de soutien. Mais il semble que le mal n’est pas identifié et donc le remède inefficace. On voit nos élèves tard la nuit dans les rues de la ville les sacs sur le dos revenir des fameux cours de soutien et rien ne change ! D’ailleurs, les cours de soutien commencent dès les premiers jours de la rentrée. En comparaison avec ce qui est investi par les familles, on remarque que le MENFOP se désengage de l’enseignement de qualité et des solutions de dernières minutes sont proposées en vain. Figurez-vous que même les papiers pour photocopie et les craies manquent dans les écoles.
Et les causes ?
La grande question qui reste sans réponse et la plus sérieuse reste celle de trouver les vraies causes du mal. Lors des réunions entre parents, enseignants et responsables de l’éducation, on se rejette les malédictions, on se réprouve, on se condamne, on se maudit et on s’accuse mutuellement. On y sort souvent avec un constat accablé selon lequel « les enfants d’aujourd’hui n’aiment pas travailler ». Il se trouve parfois que le parent d’élève est lui même enseignant ! On se jette aussi la responsabilité entre niveaux d’enseignement : le lycée accuse le collège qui accuse à son tour le primaire, qui accuse à son tour le préscolaire. Ce dernier impute la cause et la responsabilité aux parents, qui eux, se justifient en accusant les enseignants qui sont formés pour enseigner et que l’enseignement n’est pas leur spécialité. Et les enseignants accusent le ministère de l’éducation qui ne leur fournit pas suffisamment des moyens. Le ministère accuse à son tour le gouvernement. Ce dernier accuse les élèves et leurs parents. Ainsi la boucle est bouclée et tout le monde tourne en rond. Aucune étude sérieuse qui proche de l’objectivité n’est réalisée puisque la seule cellule d’évaluation du MENFOP a été démantelée en 2007 par l’ancien ministre de l’éducation M. Abdi Ibrahim Absieh. Donc le problème reste entier et ses conséquences ravageuses. Au final, les malheureux perdants sont les enfants Djiboutiens. « La négligence des parents dans l'éducation de leurs enfants est souvent pour eux la cause de bien des chagrins. Le « dattier » qu'on ne cultive pas ne donne pas de fruits ; de même les enfants dégradés par le vice, ou par le défaut d'éducation, deviennent inutiles à la société. » Maximes de la Grèce antique (1855)
Constat d’échec !
Nos élèves ne réussissent pas, ils sont faibles et même quand ils réussissent ils échouent une ou deux années après le bac et ils abandonnent leurs études. Parfois ils quittent l’école des façons précoces! Diplômés ou pas personne ne veut d’eux! Car les diplômes djiboutiens sont devenus des titres honorifiques et des promotions sociales plus que des outils sanctionnant, suite à un examen, un certain niveau des compétences.
Que proposez-vous comme amorce des solutions?
Votre contribution et votre générosité intellectuelle, chers visiteurs de cette page, peuvent contribuer à trouver une ébauche des solutions à cet énorme problème national. Merci de participer à ce débat dans la langue que vous maîtrisez le mieux.

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Philippe HERAT 21/01/2018 16:11

Je vous soutiens tout à fait dans votre action pour qu'une école soit ouverte à Bouyya, tout près de Mouddo. Je vous invite à regarder mon site internet sur Mouddo.
Si vous avez des photos de Bouyya, je suis très inéressé.
Amicalement
Phlippe